Les protéines dans l'alimentation du chien

Les protéines dans l'alimentation du chien

Quand on compare deux sacs de croquettes, le regard tombe souvent sur un chiffre : le pourcentage de protéines.

28 %, 32 %, 38 %… et on pourrait facilement penser que plus le chiffre est élevé, meilleure est la croquette.

En réalité, ce n’est pas aussi simple.

Pour évaluer l’intérêt nutritionnel des protéines, il faut regarder leur quantité, mais surtout leur origine, leur qualité et leur digestibilité.

À quoi servent les protéines chez le chien ?

Les protéines sont constituées d’acides aminés. Elles participent à de très nombreuses fonctions de l’organisme.

Elles sont notamment indispensables pour :

  • construire et entretenir la masse musculaire ;
  • renouveler la peau et le pelage ;
  • fabriquer certaines enzymes et hormones ;
  • participer au fonctionnement du système immunitaire ;
  • renouveler de nombreux tissus de l’organisme.

Le chien a donc besoin quotidiennement de protéines de qualité apportant les acides aminés dont son organisme a besoin.

Toutes les protéines ne se valent pas

Deux croquettes affichant 30 % de protéines brutes peuvent avoir des compositions très différentes.

Pourquoi ?

Parce que le chiffre indiqué dans les constituants analytiques renseigne sur la quantité totale de protéines brutes, mais pas directement sur :

  • leur origine ;
  • leur profil en acides aminés ;
  • leur digestibilité ;
  • la quantité réellement assimilée par l'animal.

Une protéine animale bien choisie peut fournir un profil en acides aminés particulièrement intéressant pour le chien.

Des ingrédients végétaux peuvent également apporter des protéines. Leur présence n'est donc pas automatiquement mauvaise, mais il faut regarder l'ensemble de la recette plutôt qu'un seul pourcentage.

Protéines fraîches, déshydratées ou hydrolysées : quelle différence ?

La viande ou le poisson frais

Un ingrédient frais contient naturellement beaucoup d'eau.

Ainsi, voir :

« saumon frais 30 % »

en première position ne signifie pas que 30 % de la croquette terminée sera constituée de saumon.

Lors de la fabrication, une partie importante de cette eau disparaît.

C'est l'une des raisons pour lesquelles il faut éviter de juger une recette uniquement sur la première ligne de la liste des ingrédients.

Les protéines déshydratées

La déshydratation retire une grande partie de l'eau avant l'incorporation dans la recette.

Une protéine animale déshydratée est donc beaucoup plus concentrée en matière sèche qu'une viande fraîche.

Elle n'est pas, par principe, moins bonne qu'une viande fraîche.

Ce qui compte davantage est :

  • l'espèce animale utilisée ;
  • la qualité de la matière première ;
  • sa traçabilité ;
  • le procédé de fabrication ;
  • l'équilibre final de l'aliment.

Les protéines hydrolysées

L'hydrolyse consiste à fragmenter les protéines en éléments plus petits.

Cette technique peut notamment être utilisée dans certaines alimentations destinées aux animaux présentant des réactions alimentaires indésirables.

Attention toutefois : la mention « hydrolysée » ne transforme pas automatiquement une croquette en aliment hypoallergénique thérapeutique.

Dans le cadre d'une véritable suspicion d'allergie alimentaire, le protocole doit être beaucoup plus rigoureux et peut nécessiter une alimentation vétérinaire spécifique.

Et la digestibilité dans tout ça ?

Un aliment peut contenir beaucoup de protéines sans que celles-ci soient toutes utilisées avec la même efficacité par l'organisme.

La digestibilité correspond à la proportion d'un nutriment que l'animal peut effectivement digérer et absorber.

C'est donc une donnée essentielle… mais elle n'est généralement pas indiquée directement sur le sac.

On peut néanmoins observer la tolérance réelle du chien.

Une alimentation qui lui convient est généralement associée à :

  • des selles bien formées et régulières ;
  • un poids et une masse musculaire adaptés ;
  • un pelage en bon état ;
  • une bonne vitalité ;
  • l'absence de troubles digestifs persistants.

Ces observations ne permettent évidemment pas, à elles seules, de diagnostiquer la qualité d'une protéine. Elles donnent cependant des informations utiles sur la façon dont l'alimentation est réellement tolérée.

« Beaucoup de protéines = mauvais pour les reins » ?

C'est une idée qui revient très souvent.

Chez un chien adulte en bonne santé, un taux élevé de protéines n'est pas automatiquement synonyme de danger pour les reins.

En revanche, lorsqu'un chien souffre d'une maladie rénale ou d'une autre pathologie nécessitant une alimentation particulière, ses besoins peuvent être différents.

Dans ce cas, on ne choisit pas une croquette en se basant sur une règle générale trouvée sur Internet : la ration doit être adaptée à la situation médicale avec le vétérinaire.

Et pour le chien senior ?

Vieillir ne signifie pas automatiquement qu'un chien doit manger très peu de protéines.

Au contraire, le maintien de la masse musculaire devient particulièrement important avec l'âge.

Il faut donc distinguer :

un chien senior en bonne santé

et

un chien souffrant d'une pathologie nécessitant une adaptation nutritionnelle.

L'âge inscrit sur le paquet ne suffit pas à déterminer les besoins d'un animal.

Son poids, son activité, son état corporel, sa masse musculaire et son état de santé comptent également.

L'œil Sköll & Hati : comment comparer deux croquettes ?

Lorsque je regarde la partie « protéines » d'une composition, je ne m'arrête donc jamais au gros chiffre écrit sur le paquet.

Je regarde plutôt :

1. Quel est le taux de protéines ?
Il donne une première information quantitative.

2. D'où viennent-elles ?
Poulet, bœuf, saumon, agneau, protéines végétales… La liste des ingrédients apporte le contexte.

3. Les sources animales sont-elles clairement identifiées ?
Une dénomination précise permet de mieux comprendre ce que contient réellement la recette.

4. Fraîches, déshydratées, hydrolysées ?
Ces termes décrivent des formes différentes et ne constituent pas, à eux seuls, une échelle de qualité.

5. Quelle est la composition globale ?
Une croquette ne se résume jamais à ses protéines.

6. Et surtout : comment mon chien la tolère-t-il ?
Parce qu'une excellente composition sur le papier n'est intéressante que si elle correspond réellement à l'animal.

À retenir

Le pourcentage de protéines ne suffit jamais pour juger une croquette.

Il faut regarder ensemble :

  • la quantité ;
  • les sources ;
  • la précision de la composition ;
  • la digestibilité ;
  • l'équilibre général de la recette ;
  • les besoins individuels du chien.

Une croquette à 38 % de protéines n'est donc pas automatiquement meilleure qu'une croquette à 28 %.

Le bon réflexe reste toujours le même : lire au-delà du chiffre.