Protéines animales et chat : pourquoi c’est essentiel

Protéines animales et chat : pourquoi c’est essentiel

Lorsqu’on parle d’alimentation féline, les protéines sont souvent mises en avant sur les emballages : « riche en protéines », « 40 % de protéines », « haute teneur en viande »…

Mais tous ces arguments ne veulent pas dire la même chose.

Pour comprendre leur importance, il faut repartir d’un élément fondamental : le chat est un carnivore strict. Son organisme possède des besoins nutritionnels particuliers qui rendent les protéines et certains nutriments d’origine animale essentiels à son alimentation.

Pour autant, choisir les croquettes affichant le pourcentage de protéines le plus élevé ne suffit pas. La quantité compte, mais leur origine, leur qualité, leur digestibilité et l’équilibre général de l’aliment comptent également.

Pourquoi dit-on que le chat est un carnivore strict ?

Le terme « carnivore strict » ne signifie pas simplement que le chat aime manger de la viande.

Au cours de son évolution, son métabolisme s’est adapté à une alimentation reposant principalement sur des proies animales.

Contrairement à certaines espèces capables d’adapter fortement leur métabolisme lorsque l’apport protéique diminue, le chat conserve une activité importante des voies métaboliques utilisant les acides aminés.

Il possède donc des besoins protéiques relativement élevés.

Les protéines ne servent d’ailleurs pas uniquement à fabriquer les muscles. Elles participent notamment au renouvellement des tissus, à la peau et au pelage, au fonctionnement de nombreuses enzymes et hormones ainsi qu’à de multiples fonctions de l’organisme.

Une protéine, qu’est-ce que c’est ?

Les protéines sont constituées d’acides aminés.

Lors de la digestion, les protéines alimentaires sont décomposées afin que l’organisme puisse absorber ces acides aminés et les utiliser pour fabriquer ses propres protéines.

Certains peuvent être synthétisés par l'organisme. D’autres doivent être apportés en quantité suffisante par l’alimentation : ce sont les acides aminés essentiels.

Chez le chat, certains besoins sont particulièrement spécifiques.

C’est notamment le cas de la taurine, indispensable à différentes fonctions de l’organisme et que le chat doit recevoir en quantité suffisante dans son alimentation.

Une carence prolongée peut avoir des conséquences graves, notamment sur le cœur et la vision.

C’est pourquoi la formulation d’un aliment complet pour chat ne se résume jamais au simple chiffre des « protéines brutes ».

Pourquoi parler spécifiquement de protéines animales ?

Les tissus animaux constituent naturellement des sources de protéines dont le profil en acides aminés correspond bien aux besoins d’un carnivore.

Ils fournissent également certains nutriments particulièrement importants pour le chat.

Mais cela ne signifie pas qu’une protéine végétale soit automatiquement inutile ou indigestible.

Des ingrédients végétaux peuvent contribuer à la quantité totale de protéines d’un aliment. Le problème apparaît lorsqu’on regarde uniquement le pourcentage de protéines brutes sans chercher à savoir d’où elles proviennent.

Deux croquettes affichant toutes les deux 38 % de protéines peuvent avoir des formulations très différentes.

Dans l’une, une grande partie peut provenir d’ingrédients animaux ; dans l’autre, des protéines végétales peuvent contribuer davantage au chiffre final.

Le taux inscrit sur le paquet ne permet donc pas, à lui seul, de connaître la qualité nutritionnelle des protéines.

« 40 % de protéines » ne veut pas dire « 40 % de viande »

C’est une confusion fréquente.

Lorsque l’analyse indique :

Protéines brutes : 40 %

cela signifie que l’aliment contient environ 40 % de protéines brutes selon la méthode d’analyse utilisée.

Cela ne signifie absolument pas que la recette contient 40 % de viande.

À l’inverse, un paquet annonçant « 70 % d’ingrédients d’origine animale » ne signifie pas nécessairement que l’aliment fini contient 70 % de protéines.

Il s’agit de deux informations différentes.

Pour comprendre une recette, il faut donc croiser la liste des ingrédients et les constituants analytiques, plutôt que d’interpréter un chiffre isolément.

Viande fraîche : attention aux comparaisons

La mention « viande fraîche » est attractive et peut parfaitement correspondre à un ingrédient intéressant. Mais elle peut aussi compliquer la comparaison entre recettes.

Les ingrédients sont généralement indiqués selon leur poids au moment où ils sont incorporés.

Or une viande fraîche contient beaucoup d’eau.

Une matière première animale déshydratée contient, elle, beaucoup moins d’eau et est donc beaucoup plus concentrée.

Ainsi, voir « poulet frais » en première position ne permet pas automatiquement de conclure que la majorité des protéines du produit fini proviennent du poulet.

Cela ne rend pas la viande fraîche mauvaise : cela signifie simplement qu’il faut interpréter correctement la liste des ingrédients.

Et les protéines animales déshydratées ?

Des termes comme « protéines de poulet déshydratées » ou « protéines animales déshydratées » peuvent sembler moins séduisants que « poulet frais ».

Pourtant, le fait qu’un ingrédient soit déshydraté n’est pas en soi un défaut.

En retirant une grande partie de son eau, on obtient une matière première beaucoup plus concentrée.

Ce qui devient important est alors de savoir quelle matière première a réellement été utilisée et avec quel niveau de précision le fabricant la décrit.

« Protéines de poulet déshydratées » apporte par exemple davantage d’informations sur leur origine que la mention très générale « protéines animales déshydratées ».

La précision des ingrédients compte

Une liste d’ingrédients détaillée facilite la compréhension de ce que mange réellement le chat.

Des désignations précises comme :

  • poulet ;
  • dinde ;
  • saumon ;
  • protéines de poulet déshydratées ;

permettent d’identifier plus facilement les sources animales utilisées.

Des termes très larges comme « viandes et sous-produits animaux » donnent moins d’informations au consommateur sur leur origine exacte.

Cela ne permet pas pour autant de conclure automatiquement que l’aliment est mauvais. Mais lorsque l’objectif est de comparer des compositions ou de suivre la tolérance d’un chat à certains ingrédients, la précision devient particulièrement utile.

Les sous-produits animaux sont-ils forcément mauvais ?

Non.

Le terme « sous-produits » est souvent interprété comme synonyme de déchets sans intérêt nutritionnel. C’est une simplification.

Dans une proie, le chat ne consomme pas uniquement du muscle. Des organes comme le cœur ou le foie peuvent apporter des nutriments intéressants.

Ce qui compte est donc moins l’existence de sous-produits que leur nature, leur qualité, leur proportion et la transparence de la formulation.

Une recette contenant des abats clairement identifiés n’est pas automatiquement inférieure à une recette dont le marketing met uniquement en avant de la « viande ».

La digestibilité est aussi importante que la quantité

Une protéine doit pouvoir être correctement digérée pour que ses acides aminés soient disponibles pour l’organisme.

C’est pourquoi deux aliments présentant le même taux de protéines peuvent ne pas fournir exactement la même quantité de nutriments réellement utilisables.

La qualité des matières premières et leur transformation influencent notamment cette digestibilité.

Malheureusement, la digestibilité exacte n’est généralement pas indiquée sur les emballages.

C’est une raison supplémentaire pour ne pas réduire l’évaluation d’un aliment à un simple classement basé sur le pourcentage de protéines.

Plus de protéines signifie-t-il forcément mieux ?

Non.

Le chat a besoin d’un apport protéique adapté à sa physiologie, mais le chiffre le plus élevé n’est pas automatiquement synonyme du meilleur aliment.

Une alimentation doit également apporter des matières grasses, des vitamines, des minéraux, des acides gras essentiels et l’ensemble des nutriments nécessaires dans des proportions adaptées.

Il faut également tenir compte de la densité énergétique et de la quantité réellement consommée.

La situation d’un chaton en croissance, d’un adulte en bonne santé, d’un chat âgé ou d’un animal présentant une maladie n’est pas nécessairement la même.

Pour certaines pathologies, la quantité ou la nature des protéines peut d'ailleurs devoir être adaptée avec le vétérinaire.

Protéines et reins : faut-il les réduire chez le chat âgé ?

L’âge seul ne suffit pas pour décider qu’un chat doit recevoir une alimentation pauvre en protéines.

Chez le chat vieillissant, préserver la masse musculaire reste important.

En revanche, certaines maladies, notamment rénales, nécessitent une prise en charge nutritionnelle spécifique qui ne se résume pas non plus à « supprimer les protéines ».

La formulation prend alors en compte plusieurs paramètres nutritionnels et doit être adaptée au stade et à la situation de l’animal.

Il est donc préférable de ne pas modifier fortement l’apport protéique d’un chat malade sur la seule base d’informations générales trouvées sur un paquet ou sur Internet.

Comment évaluer les protéines d’un aliment ?

Lorsque vous regardez des croquettes ou une pâtée, plusieurs informations peuvent être croisées.

Regardez d’abord le taux de protéines brutes, mais ne vous arrêtez pas là.

Examinez ensuite les ingrédients pour identifier les sources qui contribuent probablement à cet apport protéique.

Regardez si les espèces animales sont clairement nommées et si la recette contient également plusieurs sources concentrées de protéines végétales.

Enfin, replacez toujours les protéines dans l’ensemble de l’aliment : matières grasses, glucides, fibres, minéraux, densité énergétique et statut d’aliment complet.

L’objectif n’est pas de trouver le paquet affichant le plus gros chiffre, mais une alimentation nutritionnellement adaptée au chat qui va la manger.

Et dans la pâtée ?

Les pourcentages affichés sur une pâtée ne doivent pas être comparés directement avec ceux des croquettes.

Une pâtée contient généralement beaucoup plus d’eau.

Un aliment humide affichant 10 % de protéines peut donc sembler extrêmement pauvre comparé à des croquettes à 35 ou 40 %, alors que cette comparaison sur produit brut est trompeuse.

Pour comparer correctement des aliments ayant des taux d’humidité très différents, il faut raisonner sur matière sèche.

C’est un point essentiel lorsqu’on souhaite comparer objectivement deux types d’alimentation.

À retenir

Les protéines sont essentielles au chat parce que sa physiologie est celle d’un carnivore strict et que son organisme possède des besoins particuliers en protéines et en acides aminés.

Mais plusieurs raccourcis sont à éviter :

un taux élevé de protéines ≠ automatiquement beaucoup de viande ;
beaucoup de viande fraîche ≠ automatiquement beaucoup de protéines dans le produit fini ;
protéines animales déshydratées ≠ ingrédient de mauvaise qualité par définition ;
le taux de protéines le plus élevé ≠ forcément le meilleur aliment.

Pour comprendre ce que l’on achète, il faut regarder la quantité, l’origine et la qualité des protéines, mais également l’équilibre de toute la formulation.

Chez Sköll & Hati, notre approche reste la même : ne pas s’arrêter au chiffre mis en avant sur le paquet, mais apprendre à comprendre ce qu’il représente réellement.