Savoir quelle quantité donner à son chat paraît simple : il suffit de regarder le tableau imprimé sur le paquet de croquettes ou la recommandation inscrite sur les sachets de pâtée.
En pratique, ces indications constituent surtout un point de départ.
Deux chats du même poids peuvent avoir des besoins énergétiques différents selon leur âge, leur activité, leur stérilisation, leur condition corporelle, leur environnement ou encore la densité énergétique de leur alimentation.
La bonne ration n’est donc pas forcément celle indiquée au gramme près sur l’emballage. C’est celle qui permet au chat de couvrir ses besoins tout en maintenant un poids et une condition corporelle adaptés.
Pourquoi ne peut-on pas donner la même quantité à tous les chats ?
Le poids est important, mais il ne suffit pas.
Prenons deux chats de 5 kg. L’un est jeune, actif et passe une partie de ses journées dehors. L’autre est stérilisé, vit exclusivement en intérieur et dort une grande partie de la journée.
Ils pèsent exactement le même poids, mais leurs dépenses énergétiques peuvent être différentes.
Les besoins varient notamment selon :
- l’âge ;
- le poids et surtout le poids idéal ;
- la stérilisation ;
- le niveau d’activité ;
- la condition corporelle ;
- l’environnement ;
- certaines situations physiologiques comme la croissance, la gestation ou la lactation ;
- l’état de santé.
C’est pourquoi une recommandation générale doit toujours être adaptée au chat qui se trouve devant nous.
Le poids ne dit pas tout
Un chat de 6 kg n’a pas nécessairement besoin d’une ration calculée pour entretenir 6 kg.
S’il est en surpoids, raisonner uniquement à partir de son poids actuel peut conduire à maintenir un apport énergétique trop important.
À l’inverse, un grand chat naturellement musclé peut peser davantage qu’un autre sans être en surpoids.
Il faut donc regarder également sa condition corporelle.
On doit notamment pouvoir sentir ses côtes sous une fine couverture de graisse sans devoir appuyer fortement. Vue du dessus, une taille doit généralement rester perceptible derrière les côtes.
Ces observations sont plus pertinentes qu’un chiffre sur la balance pris isolément.
Pourquoi les quantités indiquées sur les paquets varient-elles autant ?
Toutes les croquettes n’apportent pas la même quantité d’énergie pour 100 grammes.
Une croquette très énergétique peut nécessiter une portion quotidienne plus petite qu’une autre moins dense énergétiquement.
C’est pourquoi passer de :
70 g d’un aliment A
à
70 g d’un aliment B
ne signifie pas forcément apporter la même quantité de calories au chat.
Lors d’un changement d’alimentation, il ne faut donc pas automatiquement conserver le même nombre de grammes.
Il faut regarder les recommandations du nouvel aliment et, lorsque l’information est disponible, sa densité énergétique.
Peser les croquettes plutôt que remplir un verre
Les gobelets doseurs sont pratiques, mais ils manquent souvent de précision.
La taille, la forme et la densité des croquettes peuvent varier considérablement d’un produit à l’autre. Un même volume peut donc représenter des poids différents.
Une petite balance de cuisine permet de connaître beaucoup plus précisément la quantité réellement distribuée.
La différence peut sembler minime sur une journée. Mais quelques grammes supplémentaires tous les jours pendant plusieurs mois peuvent représenter un apport énergétique non négligeable, surtout chez un petit animal.
Pour connaître réellement la ration d’un chat, mieux vaut donc parler en grammes qu’en « demi-gobelet ».
Faut-il laisser les croquettes à volonté ?
Cela dépend du chat.
Certains chats savent parfaitement fractionner leur alimentation et ne consomment que ce dont ils ont besoin.
D’autres mangent simplement parce que la nourriture est disponible.
Le libre-service peut alors rendre difficile le contrôle des quantités et favoriser une consommation énergétique excessive, notamment chez certains chats d’intérieur ou stérilisés.
Il présente également un autre inconvénient : lorsque la gamelle est constamment pleine, il devient parfois difficile de remarquer rapidement une diminution de l’appétit.
Or chez le chat, un changement important de consommation alimentaire mérite d’être surveillé.
Donner une quantité quotidienne mesurée permet de savoir plus facilement ce qui est réellement consommé.
Fractionner ne signifie pas donner davantage
Le chat a naturellement tendance à effectuer plusieurs petites prises alimentaires.
La ration quotidienne peut donc être divisée en plusieurs repas.
Par exemple, si la quantité déterminée est de 60 g de croquettes par jour, distribuer quatre repas ne signifie évidemment pas donner 60 g quatre fois.
Les 60 g représentent la totalité de la journée.
Ils peuvent ensuite être répartis selon l’organisation du foyer et les habitudes du chat.
Des distributeurs programmables ou certains jouets alimentaires peuvent également permettre de fractionner les prises lorsque personne n’est présent dans la journée.
Croquettes + pâtée : attention au double repas
L’alimentation mixte peut être intéressante, notamment parce que la nourriture humide contribue à l’apport hydrique du chat.
Mais une erreur est fréquente :
donner la ration quotidienne complète de croquettes, puis ajouter la ration quotidienne complète de pâtée.
La pâtée ne devient pas gratuite en calories simplement parce qu’elle contient beaucoup d’eau.
Lorsque les deux types d’aliments sont associés, il faut donc répartir l’apport énergétique entre eux.
On ne donne pas :
100 % de la ration de croquettes + 100 % de la ration humide.
On construit une seule ration quotidienne composée des deux aliments.
Et les friandises ?
Elles comptent aussi.
Une petite friandise paraît insignifiante, mais lorsqu’elle est répétée plusieurs fois dans la journée — et éventuellement donnée par plusieurs personnes de la famille — l’apport supplémentaire peut devenir important.
Les friandises doivent donc être intégrées à l’alimentation globale du chat et rester une petite partie de ses apports.
Même chose pour les restes de table ou les petits morceaux distribués « juste pour lui faire plaisir ».
Pour comprendre pourquoi un chat prend du poids alors que sa ration semble correcte, il faut regarder tout ce qu’il mange sur une journée, pas seulement ce qui se trouve dans sa gamelle principale.
Comment utiliser les recommandations du fabricant ?
Les tableaux présents sur les emballages restent utiles.
Ils fournissent une quantité de départ correspondant aux caractéristiques de l’aliment.
Si le fabricant recommande, par exemple, une certaine fourchette pour un chat adulte de 4 kg, on peut partir de cette indication puis observer l’évolution de l’animal.
Ensuite, on ajuste si nécessaire.
Le poids et la condition corporelle permettent de savoir si la quantité choisie est adaptée dans la durée.
Le tableau n’est donc pas inutile : il ne doit simplement pas être considéré comme une prescription universelle au gramme près.
Faut-il calculer les calories de son chat ?
Ce n’est pas indispensable pour tous les propriétaires.
Pour un chat adulte en bonne santé et dont le poids reste stable, les recommandations du fabricant associées à une surveillance régulière peuvent suffire.
Le calcul énergétique devient particulièrement intéressant lorsqu’il faut :
- faire perdre du poids ;
- éviter une reprise de poids ;
- associer plusieurs aliments ;
- comparer des produits de densités énergétiques différentes ;
- nourrir un animal dont les besoins sont particuliers.
Dans ces situations, le vétérinaire peut déterminer un objectif énergétique adapté et suivre l’évolution du chat.
Un amaigrissement chez le chat doit notamment être progressif et encadré : une restriction alimentaire brutale n’est pas une bonne méthode.
Comment savoir si la ration est adaptée ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans la gamelle.
Il faut observer l’évolution du chat sur plusieurs semaines.
Son poids reste-t-il stable ?
Sa condition corporelle est-elle correcte ?
Prend-il progressivement du poids ?
Maigrit-il alors que ce n’était pas recherché ?
Son appétit a-t-il changé ?
Une pesée régulière permet de repérer une tendance avant qu’elle devienne très importante.
Pour un chat dont le poids doit rester stable, une ration qui entraîne progressivement une prise de poids apporte probablement trop d’énergie par rapport à ses dépenses.
À l’inverse, une perte de poids inexpliquée ne doit pas simplement conduire à augmenter la ration : elle peut être le signe d’un problème de santé et mérite un avis vétérinaire.
Attention aux changements brutaux d’appétit
Un chat qui mange soudainement beaucoup moins, refuse sa nourriture ou arrête de manger ne doit pas simplement être considéré comme difficile.
Chez le chat, une diminution importante ou un arrêt de l’alimentation peut avoir des conséquences sérieuses, particulièrement chez un animal en surpoids.
De même, une augmentation inhabituelle de l’appétit associée à une perte de poids ou à d’autres changements mérite une consultation.
La quantité consommée est donc aussi une information sur l’état général du chat.
Chaton, adulte, senior : la quantité évolue
La ration d’un chat n’est pas figée pour toute sa vie.
Un chaton en croissance possède des besoins différents de ceux d’un adulte.
Après la stérilisation, les besoins énergétiques peuvent également évoluer.
Avec l’âge, l’activité, la masse musculaire et parfois l’état de santé changent encore.
La quantité qui convenait parfaitement il y a trois ans peut donc ne plus être adaptée aujourd’hui.
Il est utile de réévaluer régulièrement l’alimentation plutôt que de conserver indéfiniment les mêmes habitudes.
À retenir
Il n’existe pas une quantité universelle de croquettes ou de pâtée correspondant simplement au poids d’un chat.
La recommandation inscrite sur l’emballage constitue un point de départ, puis la ration doit être adaptée à l’individu.
Pour savoir si la quantité distribuée est correcte :
pesez la ration plutôt que de l’estimer au volume ;
comptez les croquettes, la pâtée et les friandises dans l’apport total ;
surveillez régulièrement le poids et la condition corporelle ;
ajustez progressivement en fonction de l’évolution du chat.
La bonne question n’est finalement pas seulement :
« Combien de grammes doit manger un chat de 5 kg ? »
mais plutôt :
« Quelle quantité permet à ce chat de couvrir ses besoins et de conserver une condition corporelle adaptée ? »
C’est cette seconde question qui permet réellement d’individualiser son alimentation.