Collier ou harnais ? La question revient constamment lorsqu’on prépare l’équipement de promenade d’un chien.
Et pourtant, chercher lequel des deux est « le meilleur » n’est probablement pas la bonne question.
Un collier et un harnais ne répartissent pas les forces au même endroit et ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. Le choix dépend donc du chien, de sa morphologie, de son comportement en laisse, de son état de santé et de l’activité pratiquée.
Plutôt que d’opposer systématiquement les deux, voyons ce qu’ils font réellement.
Le collier : simple, léger et pratique
Le collier reste probablement l’équipement le plus courant.
Il permet notamment de porter une médaille d’identification et offre un point d’attache simple pour la laisse.
Sur un chien qui marche avec une laisse détendue, un collier plat correctement ajusté peut être très pratique.
Le problème apparaît surtout lorsque des tensions importantes sont exercées sur la laisse.
Lorsqu’un chien tire, s’élance brutalement ou arrive en bout de laisse, la force est appliquée sur une zone relativement petite : son cou.
Les pressions exercées sur le cou augmentent avec les forces appliquées. Le choix du collier ne supprime donc pas les contraintes liées à une forte tension de laisse.
Quand le chien tire, le problème change
Imaginons un chien qui marche tranquillement à côté de son humain.
La laisse est détendue et le collier exerce très peu de contrainte.
Maintenant, imaginons le même chien qui aperçoit un congénère et part brusquement en avant.
La laisse se tend.
Avec un collier, la décélération est transmise au niveau cervical.
Avec un harnais, cette force est répartie sur une surface différente et plus importante du corps.
C’est une différence fondamentale.
Le harnais évite de concentrer la traction sur le cou
L’un des principaux intérêts du harnais est de déplacer le point d’application des forces du cou vers le thorax.
Cela peut notamment être intéressant chez un chien qui exerce régulièrement une forte tension sur sa laisse.
Cela ne signifie pas pour autant :
harnais = aucun risque.
Un harnais exerce lui aussi des pressions et peut modifier les mouvements du chien.
Son intérêt dépend énormément de sa conception et de son ajustement.
Un harnais mal choisi peut également gêner le chien
Les harnais existent sous de très nombreuses formes.
Certaines sangles passent devant le poitrail, d’autres entre les antérieurs, certaines remontent près du cou et d’autres entourent davantage le thorax.
Différents modèles peuvent modifier l’amplitude de certains mouvements, notamment au niveau des épaules et des antérieurs.
Il faut donc éviter le raccourci consistant à considérer une forme comme parfaite pour tous les chiens.
Le choix doit être individualisé.
Et pour les chiens de type berger ?
C’est un bon exemple de l’importance de la morphologie.
Un Berger allemand, un Beauceron, un Malinois, un Border Collie ou un Berger blanc suisse ne présentent pas exactement le même thorax ni les mêmes proportions.
Même entre deux chiens de la même race, la morphologie peut varier.
Un harnais dont la sangle transversale tombe parfaitement sur un chien peut se retrouver très mal positionné sur un autre.
C’est pourquoi il est plus pertinent d’observer le chien portant le harnais que de considérer qu’un modèle convient à toute une race.
Dans quels cas privilégier le harnais ?
Le harnais peut notamment être intéressant lorsqu’on souhaite éviter de concentrer les tensions sur le cou.
Il peut également apporter davantage de contrôle sur certains chiens ou être utilisé pour des activités particulières.
Pour un chien qui tire fortement, il évite notamment que chaque tension de laisse soit directement appliquée à la région cervicale.
Mais attention : mettre un harnais à un chien ne lui apprend pas à marcher en laisse.
Le matériel gère une contrainte physique.
L’apprentissage reste un travail différent.
Et dans quels cas utiliser le collier ?
Un collier plat correctement ajusté peut parfaitement convenir à un chien qui se déplace avec une laisse détendue.
Il reste également très pratique pour porter les éléments d’identification.
Certains propriétaires utilisent d’ailleurs les deux :
collier pour l’identification + harnais pour attacher la laisse.
Il n’est donc pas nécessaire de choisir définitivement un camp.
Vérifier le matériel sur le chien
Quel que soit l’équipement choisi, observez votre chien lorsqu’il marche.
Regardez notamment :
- si les sangles frottent derrière les antérieurs ;
- si le matériel tourne ;
- si le chien modifie visiblement ses mouvements ;
- si une sangle comprime la gorge ;
- si des rougeurs ou pertes de poils apparaissent ;
- si le chien peut reculer et sortir de son équipement.
Un matériel parfaitement adapté sur un mannequin peut devenir très mauvais une fois placé sur un chien réel.
À retenir
Collier et harnais ont chacun leurs usages.
Le collier est léger et pratique lorsque la laisse reste détendue.
Le harnais permet de ne pas concentrer les forces de traction sur le cou, mais sa forme et son réglage doivent être adaptés au chien.
La vraie question n’est donc pas :
« Collier ou harnais : lequel est le meilleur ? »
mais plutôt :
« Où vont s’exercer les forces, comment mon chien se déplace-t-il avec cet équipement et est-il adapté à l’usage que j’en fais ? »