Chat qui boit peu : pourquoi il faut faire attention

Chat qui boit peu : pourquoi il faut faire attention

Voir son chat boire rarement n’est pas forcément inhabituel. Le chat est en effet un animal qui peut avoir un comportement de boisson assez discret, notamment lorsque son alimentation lui apporte déjà une quantité importante d’eau.

Mais boire peu ne signifie pas forcément être suffisamment hydraté.

Pour comprendre si les apports en eau d’un chat sont adaptés, il ne faut donc pas regarder uniquement sa gamelle d’eau : il faut prendre en compte son alimentation, ses habitudes et son état général.

Le chat n’est pas toujours un grand buveur

Les ancêtres du chat domestique vivaient dans des environnements où l’eau n’était pas toujours disponible en abondance. Une partie importante de leurs besoins hydriques était couverte par l’eau naturellement contenue dans leurs proies.

Nos chats domestiques ont conservé une capacité à concentrer leurs urines et ne compensent pas toujours complètement une alimentation pauvre en eau par une augmentation suffisante de leur consommation à la gamelle.

C’est particulièrement important lorsqu’un chat mange principalement des aliments secs.

Un chat qui ne passe presque jamais devant son bol d’eau n’est donc pas nécessairement en difficulté, mais son comportement de boisson ne permet pas à lui seul de juger de son hydratation.

L’eau de la gamelle n’est qu’une partie de ses apports

L’eau consommée par un chat provient principalement de deux sources :

  • l’eau qu’il boit ;
  • l’eau contenue dans son alimentation.

La différence entre alimentation sèche et humide est considérable.

Les croquettes contiennent généralement peu d’eau, souvent autour de 10 % ou moins, alors qu’une pâtée peut en contenir environ 70 à 80 % selon sa formulation.

Ainsi, deux chats que l’on voit très peu boire peuvent avoir des apports hydriques très différents si l’un mange principalement des croquettes et l’autre de l’alimentation humide.

C’est pourquoi il est plus pertinent de réfléchir à l’apport hydrique total qu’au seul nombre de passages devant la gamelle.

Pourquoi une bonne hydratation est-elle importante ?

L’eau intervient dans pratiquement toutes les fonctions de l’organisme : digestion, circulation sanguine, régulation de la température, transport des nutriments et élimination des déchets.

Chez le chat, la question de l’hydratation est également particulièrement importante pour le fonctionnement de l’appareil urinaire.

Lorsque l’apport en eau augmente, le volume urinaire peut augmenter et les urines devenir plus diluées. C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles l’apport hydrique fait partie des éléments pris en compte dans certaines stratégies nutritionnelles concernant les voies urinaires.

Cela ne signifie toutefois pas qu’ajouter de la pâtée permet de prévenir ou de traiter à lui seul toutes les maladies urinaires. Un problème urinaire nécessite d’en identifier la cause.

Croquettes ou pâtée : faut-il forcément choisir ?

Pas nécessairement.

Une alimentation sèche peut parfaitement faire partie de l’alimentation d’un chat, à condition qu’elle soit complète, équilibrée et adaptée à ses besoins.

L’alimentation humide présente cependant un avantage évident sur un point : elle apporte directement de l’eau au moment du repas.

Il est donc possible d’utiliser une alimentation entièrement humide ou d’associer alimentation sèche et humide.

Dans le cas d’une alimentation mixte, il faut simplement tenir compte des calories apportées par les deux aliments. Ajouter une ration complète de pâtée à une ration complète de croquettes revient à augmenter l’apport énergétique total et peut favoriser une prise de poids.

On répartit donc la ration, on ne superpose pas deux rations complètes.

Toutes les pâtées ne sont pas équivalentes

Introduire de l’alimentation humide ne signifie pas choisir n’importe quelle boîte ou n’importe quel sachet.

Il faut notamment vérifier si le produit est indiqué comme aliment complet ou aliment complémentaire.

Un aliment complet est formulé pour fournir, lorsqu’il est utilisé conformément aux recommandations, l’ensemble des nutriments nécessaires à l’animal auquel il est destiné.

Un aliment complémentaire ne doit généralement pas constituer à lui seul l’ensemble de la ration quotidienne.

L’humidité d'un produit est donc intéressante, mais elle ne remplace pas l’analyse de sa composition et de son équilibre nutritionnel.

Comment encourager un chat à boire davantage ?

Avant d’acheter une fontaine ou de multiplier les compléments, quelques changements simples peuvent être testés.

Certains chats ont des préférences très marquées concernant l’endroit où ils boivent, le récipient utilisé ou la fraîcheur de l’eau.

On peut notamment proposer plusieurs points d’eau dans le logement, dans des endroits calmes et facilement accessibles.

Les gamelles doivent être nettoyées régulièrement et l’eau renouvelée fréquemment.

Le choix du récipient peut également compter. Certains chats semblent préférer des récipients suffisamment larges pour éviter que leurs moustaches touchent constamment les bords.

Il peut aussi être intéressant d’éloigner l’eau de la litière et, selon les préférences du chat, de ne pas placer systématiquement toutes les ressources au même endroit.

L’objectif est surtout de laisser plusieurs possibilités au chat et d’observer ce qu’il utilise réellement.

La fontaine à eau est-elle indispensable ?

Non.

Les fontaines peuvent être intéressantes pour les chats attirés par l’eau en mouvement, mais elles ne constituent pas une solution universelle.

Certains chats les apprécient beaucoup, d’autres les ignorent complètement.

Si une fontaine est utilisée, son entretien est essentiel : réservoir, pompe et différents éléments doivent être nettoyés régulièrement afin d’éviter l’accumulation de dépôts et de saletés.

Une simple gamelle correctement placée et régulièrement renouvelée peut parfaitement convenir à un chat qui l’utilise volontiers.

Peut-on ajouter de l’eau dans la nourriture ?

Chez certains chats, oui.

Une petite quantité d’eau peut parfois être ajoutée à l’alimentation humide si le chat accepte la modification de texture.

Il vaut mieux commencer progressivement : transformer brutalement une pâtée appréciée en soupe peut simplement conduire le chat à ne plus y toucher.

Et avec le chat, une amélioration nutritionnelle n’a aucun intérêt si elle aboutit à un repas qu’il refuse de manger.

L’eau ajoutée doit être propre et la nourriture humidifiée ne doit pas rester longtemps à température ambiante.

Observer la litière peut donner des informations

La litière fait partie des meilleurs endroits pour remarquer un changement.

Selon le type de litière utilisé, il est possible d’observer approximativement la fréquence et l’importance des urines.

Ce qui compte surtout est de connaître les habitudes de son propre chat.

Un changement brutal — beaucoup plus ou beaucoup moins d’urine, passages très fréquents dans la litière ou comportement inhabituel — mérite d’être surveillé et peut nécessiter un avis vétérinaire.

La consommation d’eau elle-même peut également changer.

Un chat qui se met soudainement à boire beaucoup plus qu’avant n’est pas simplement devenu un “bon buveur”. Une augmentation inhabituelle de la soif peut notamment accompagner certaines maladies et mérite d’être signalée au vétérinaire.

Attention aux signes urinaires

Chez le chat, certains comportements autour de la litière nécessitent une attention particulière.

Un chat qui entre fréquemment dans sa litière, pousse pour uriner, ne produit que quelques gouttes, semble douloureux, se lèche excessivement la région génitale ou urine soudainement ailleurs peut présenter un trouble urinaire.

Et surtout, un chat qui essaie d’uriner mais n’y parvient pas constitue une urgence vétérinaire, particulièrement chez le mâle en raison du risque d’obstruction urétrale.

Dans cette situation, il ne faut pas attendre de voir si changer son eau ou son alimentation améliore les choses.

Comment savoir si son chat boit suffisamment ?

Il est difficile de répondre simplement en regardant le niveau d’une gamelle.

Une partie de l’eau s’évapore, plusieurs animaux peuvent boire dans le même récipient et l’alimentation fournit une quantité d’eau très variable.

Les besoins varient également selon l’alimentation, le poids, la température ambiante, l’activité et l’état de santé.

Pour un chat qui semble en bonne santé, le plus utile est souvent de surveiller les changements par rapport à ses habitudes : consommation d’eau, appétit, comportement, poids et utilisation de la litière.

Si l’on souhaite mesurer précisément sa consommation ou si une maladie nécessite un suivi hydrique particulier, le vétérinaire pourra indiquer la méthode et les objectifs adaptés à l’animal.

À retenir

Un chat qui boit peu n’est pas automatiquement déshydraté. S’il consomme beaucoup d’alimentation humide, une part importante de son eau quotidienne arrive directement avec ses repas.

À l’inverse, un chat nourri principalement avec une alimentation sèche dépend davantage de l’eau qu’il boit spontanément.

Plutôt que de se focaliser uniquement sur la gamelle, il faut donc regarder l’ensemble : alimentation sèche ou humide, accès à plusieurs points d’eau, préférences du chat, habitudes dans la litière et changements de comportement.

L’objectif n’est pas de forcer un chat à boire une quantité arbitraire, mais de favoriser un apport hydrique adapté et de repérer rapidement lorsqu’un comportement habituel change.